- Aujourd'hui: 14/09/2026
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LES MIGRATIONS FORCÉES ET ENCADRÉES DE LA POLITIQUE COLONIALE FRANÇAISE AU GABON (1887-1946)
En 1870, la France sort affaiblie à la suite de la guerre contre la Prusse de Bismarck. Pour se reconstruire et refaire sa puissance politique, militaire et économique, elle prône la construction d’un vaste empire colonial et l’expansion de la culture française, à travers une idéologie dite de "mission civilisatrice", principalement en Asie et en Afrique. Ce vaste chantier, particulièrement âpre et périlleux dans des milieux hostiles et réfractaires, ne se fit pas sans heurter les populations autochtones, habituées à la liberté et à la vie sans contraintes. La France dut recourir à une politique répressive axée, entre autres, sur l’éloignement ou l’exil des meneurs de révoltes, fauteurs de troubles et autres personnes jugées dangereuses pour l’expérimentation de son vaste projet colonial. Dans ce contexte d’affirmation de la domination française par l’application de ce dispositif répressif, la possession du Gabon, devenue colonie à partir de 1886, servit, entre 1887 et 1946, de lieu d’exécution de la peine d’internement politique des transportés et déportés en provenance d’autres colonies de l’empire français, mais également de point de départ de ceux-ci vers d’autres horizons. Ces multiples déplacements qui s’inscrivent dans le cadre des migrations forcées et encadrées de la période coloniale française méritent donc une analyse pour en saisir le cadre historique, les origines, l’ampleur et les spécificités. La présente étude, qui s’appuie principalement sur l’exploitation et la confrontation des statistiques et données d’archives coloniales, a abouti à quelques résultats : face aux difficultés budgétaires et aux multiples obstacles imposés par l’exploitation coloniale, la France dut recourir à la main-d’œuvre pénale. Mais, ce palliatif se solde par un échec. D’où la fermeture du pénitencier de Libreville et la suppression des peines de l’indigénat, respectivement en 1900 et 1946.
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