- Aujourd'hui: 19/01/2026
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DÉTERMINANTS SOCIOCULTURELS ET ÉCONOMIQUES DE LA RÉTICENCE DES CONJOINTS FACE À LA RÉALISATION DE LA CONSULTATION PRÉNATALE (CPN) AU PREMIER TRIMESTRE DE LA GROSSESSE À AGNIBILEKROU (CRCI)
À Agnibilékrou, la réalisation des consultations prénatales au premier trimestre de la grossesse constitue une problématique pour les hommes. Cette recherche vise à comprendre pourquoi certains conjoints sont réticents à ce que leurs épouses ou partenaires commencent ces consultations dès le premier trimestre. En adoptant une approche qualitative, les données ont été recueillies à travers des entretiens semi-directifs et des focus groups avec des femmes enceintes (primigestes, primipares et multipares), des hommes et des agents de santé. Les résultats révèlent divers obstacles économiques et socioculturels qui influencent les consultations prénatales (CPN). Sur le plan économique, le coût élevé des consultations et des soins médicaux constitue un frein majeur. Face aux contraintes financières, les hommes retardent souvent ces consultations en échelonnant les dépenses. En milieu rural, l’irrégularité des revenus accentue cette situation, tandis qu’en milieu urbain, la perception de la cherté des services demeure. Les variations tarifaires et la surfacturation accroissent la méfiance envers les structures de santé. Sur le plan socioculturel, certaines croyances sur la vulnérabilité du fœtus au premier trimestre incitent les hommes à retarder les consultations, par crainte d’une intervention prématurée. L’irresponsabilité de certains conjoints, qui évitent de s’impliquer dans la grossesse, pousse également les femmes à supporter seules les charges économiques et domestiques. Enfin, le déni de paternité aggrave l’accès aux soins, accentuant les pressions financières et émotionnelles des femmes.
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