- Aujourd'hui: 15/07/2026
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LE DIVORCE DANS LES COMMUNAUTÉS D’IMMIGRES PEULS ET SONINKÉS MAURITANIENS EN FRANCE : APPROCHE SOCIOLOGIQUE DE LA CRISE DU MARIAGE
Le mariage dans les groupes d’immigrés peuls et soninkés mauritaniens en France connaît une crise qui a tendance à s’aggraver ces dernières années. Celle-ci s’explique à la fois par des facteurs endogènes, à savoir le partage des rôles et des responsabilités, et exogènes, à savoir les nombreuses pressions socioéconomiques et l’impact de l’évolution négative des législations sur l’immigration qu’ils subissent de plus en plus. Le modèle de la « famille à distance », longtemps pratiqué par les premiers immigrés mauritaniens, ne fait manifestement plus rêver. Mais il a eu l’avantage de permettre à ces immigrés de garder un lien régulier avec leur pays d’origine, où vivaient leurs épouses. Celui de la « famille sur place », qui a séduit un temps les jeunes immigrés et qui a marqué une rupture avec le territoire d’origine, s’enfonce à son tour dans la crise. S’il est vrai que les trajectoires des immigrés mauritaniens diffèrent, il n’en reste pas moins que leurs expériences de la famille sont sensiblement identiques. Notre hypothèse consiste à dire que la référence à une multitude de normes et de règles des sociétés d’origine et d’accueil des immigrés contribue à la crise de leur mariage. Cet article tente de comprendre et d’expliquer les relations des époux, les conflits qu’elles génèrent et les divorces des couples qui en résultent. Nous avons réalisé des entretiens avec les immigrés des anciennes et nouvelles générations et interrogeons aussi la logique et l’efficacité des pratiques de médiation traditionnelles à la suite des séparations. Notre étude démontre que les perceptions du mariage varient considérablement et que cela n’est pas de nature à assurer la stabilité des couples. Enfin, elle donne une nouvelle perspective de lecture des relations de sexe dans le contexte d’immigration.
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